L’empathie chez le chien, que sait la science du 21è siècle ?

Like me – Corrélats comportementaux et physiologiques de l’empathie et des émotions chez les chiens Barber, Anjuli ; Mueller, Ester ; Randi, Dania ; Huber, Ludwig 1 Institut de recherche Messerli, Université de médecine vétérinaire, Vienne, AUT ; Division de biologie, Université de Zagreb, Zagreb, HRV

Le chien domestique (Canis familiaris) est une espèce intéressante lorsqu’il s’agit de la question de l’empathie chez les animaux non humains. En raison d’un long processus de domestication, il semble bien adapté au comportement humain et même, peut-être, aux émotions (Udell et al. 2010b, Custance et Mayer 2012), mais pour l’instant il n’y a toujours pas de soutien direct à l’existence de l’empathie chez les chiens. Les chiens semblent célébrer notre joie et compatir à notre peine mais, à l’exception d’une preuve mitigée de bâillements contagieux (Harr et al, 2009 ; Joly-Mascheroni et al, 2008), la plupart des rapports sur les comportements empathiques restent anecdotiques. L’étude récente s’est penchée sur la question de savoir si les chiens présentent une contagion émotionnelle pour la joie, le plaisir et la douleur.

Nous avons comparé des chiens de compagnie (diverses races, n = 7) et des chiens de laboratoire (beagles, n = 9), dont l’accès aux humains est restreint, afin de déterminer l’influence de l’environnement humain. Une partie de cette étude est consacrée au développement de méthodes pour mesurer et valider certains corrélats physiologiques des émotions chez les chiens. Les chiens ont été confrontés à des stimuli émotionnels pertinents, comme des visages humains heureux ou neutres (positifs) ou en colère et tristes (stimuli négatifs). L’utilisation d’un eye-tracker nous a permis de déterminer les régions d’intérêt et les schémas d’attention pendant que les chiens observaient les stimuli. En même temps, des réponses physiologiques comme la variabilité de la fréquence cardiaque (VFC), l’agitation de la queue, la taille de la pupille et la température de la surface du visage ont été mesurées. Les données comportementales et physiologiques ont fourni des preuves de la réaction des chiens aux stimuli présentés. Il est intéressant de noter que le balayage des chiens de compagnie en regardant les visages humains était plus focalisé et dirigé davantage vers la région des yeux et le front (test t = 2,568, df = 6, p = 0,042) que celui des chiens de laboratoire. Même s’il n’y avait pas de différence dans la quantité de fixations vers la région du visage (t-Test T = -0,712, df = 81, p = 0,479), les fixations chez le chien de compagnie sont significativement plus longs que les chiens de laboratoire (t-Test T = -5,414, df = 72, p =< 0,001). Il n’y a pas eu de différences entre les stimuli positifs et négatifs entre les deux groupes de chiens concernant la durée de la fixation (ANOVA F3,70 = 0,410, p = 0,746) et le montant des fixations (ANOVA F3,70 = 0,795, P = 0,5). On a constaté une latéralisation de la queue vers la gauche si le chien avait été confronté à un stimulus négatif. La variabilité de la fréquence cardiaque n’a pas montré de différences significatives entre les stimuli positifs ou négatifs et la ligne de base (ANOVA F5,94 = 0,837, p = 0,528), mais de fortes différences entre les séances et les jours. La taille des pupilles et la température de la surface du visage ont augmenté pendant l’excitation.

Les résultats indiquent que les chiens réagissent de manière adéquate aux images de visages émotionnels humains, mais qu’il existe des différences de traitement entre les chiens de compagnie et les chiens de laboratoire, c’est-à-dire les chiens ayant un accès limité aux humains. Ces différences suggèrent que l’intensité de l’interaction homme-chien a une influence majeure sur la façon dont les humains sont perçus par les chiens et même sur la façon dont ils sont reflétés dans leurs représentations émotionnelles.

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